22.02.2006
Yossef Fofana
09:34 Publié dans faits divers | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Yossef Fofana
Ilan Halimi - La faute à des musulmans ?
Voici la traduction française de l'article publié lundi 20 février par le journal israélien Haaretz sous le titre "Antisémitisme / 'Si seulement nous avions répondu au téléphone' ", où s'exprime la mère d'Ilan Halimi, le jeune juif parisien qui a été enlevé, torturé et assassiné par le "gang des barbares".
PARIS - La mère de Ilan Halimi, le jeune Parisien Juif de 23 ans qui a été enlevé, torturé et assassiné par un gang dans la banlieue de la capitale, accuse la police d'erreurs qui ont conduit à la mort de son fils. Elle a révélé à Haaretz hier [dimanche 19 février, NDLR], que la police a demandé à sa famille d'ignorer les tentatives du gang pour entrer en contact avec eux, durant cinq jours cruciaux, après lesquels Ilan a été retrouvé proche de la mort à l'extérieur de Paris. Elle accuse également la police d'ignorer les motivations antisémites de cet acte dans le but de ne pas aliéner les Musulmans.
"Si Ilan n'avait pas été Juif, il n'aurait pas été tué", affirme-t-elle. 
Les amis et les parents sont venus au domicile de la famille dans le 12e arrondissement pour adresser leur condoléances. Ilan vivait dans l'appartement avec sa mère Ruth et ses sœurs Yaël et Anne-Laure; leur père ne vivait pas avec eux.
La famille a quitté le Maroc pour la France voici vingt-cinq ans. Ruth assure qu'Ilan avait récemment commencé à parler d'immigrer en Israël.
"Il voulait juste travailler un peu pour économiser de l'argent pour le voyage", dit-elle la voix brisée.
La Communauté juive de Paris est toujours sous le choc de l'enlèvement et du meurtre d'Ilan Halimi, qui a débuté lorsqu'un gang a envoyé une séduisante jeune fille pour l'entraîner à un rendez-vous.
"La dernière fois que j'ai vu mon fils, c'était vendredi 10 février, juste avant qu'il ne parte pour son rendez-vous", a expliqué Ruth. "Il voulait sortir avec des amis mais ils ont annulé, alors il a décidé de sortir avec cette femme. Dans la nuit de samedi, il a appelé et nous a dit qu'il avait été kidnappé et il nous a demandé de vérifier notre e-mail", continue-t-elle.
La famille a trouvé une image scannée d'Ilan, les yeux couverts et un pistolet pointé sur sa tête.
"Le message disait, '450.000 euros ou appelez les pompes funèbres'" explique Yaël.
La famille a alors contacté la police, qui a placé des officiers devant leur maison et a commencé son investigation. Durant trois semaines, les kidnappeurs ont négocié avec Ruth, avec le père d'Ilan, avec une ancienne petite-amie et avec des personnalités de la communauté juive. Ils ont utilisé des e-mails et leur téléphone mobile, ce qui a conduit la police à eux, mais ils ont échappé à la capture.
"Huit jours avant qu'Ilan ne soit tué", révèle Ruth, "la police a essayé d'arrêter l'un des suspects dans un cyber-café mais ils ont été incapables de l'attraper". Selon la sœur d'Ilan, le suspect a prévenu ses complices que la police se rapprochait d'eux.
Ruth assure que la police a demandé à la famille d'arrêter de communiquer par téléphone avec les kidnappeurs pour les obliger à recourir aux e-mail. "Cinq jours avant qu'Ilan ne soit retrouvé mort, la police nous a dit 'ne répondez pas au téléphone, ne répondez pas aux messages écrits'. Nous avons eu des dizaines d'appel et nous les avons ignorés. Jeudi, ils ont retrouvé Ilan mort."
Les membres de la famille d'Ilan s'en veulent d'avoir écouté la police.
"Peut-être que si nous avions répondu au téléphone, Ilan n'aurait pas été assassiné, disent-ils.
La famille d'Ilan exprime également sa colère contre le refus de la police de reconnaître les motivations antisémites de ce crime.
"Nous leur avons dit qu'il y avait eu au moins trois tentatives d'enlèvements de jeunes Juifs", affirme Ruth, "mais ils ont insisté sur le fait que les motivations étaient purement criminelles."
"Ils craignent de relancer la confrontation avec les Musulmans", affirme l'oncle d'Ilan.
"Nous savons qu'il y a quelques mois, une jeune fille juive de 16 ans a été kidnappée", affirme la famille, "mais les parents ont décidé de ne pas aller voir la police et ont payé une rançon de 100.000 euros".
Les Halimi affirment qu'ils n'avaient pas une telle somme.
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07.02.2006
Le Mrap dérape
Au moins, les choses sont claires. En réclamant la pénalisation du blasphème, comme il l'a fait le 13 janvier sur France 3, Mouloud Aounit, secrétaire général du Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples (Mrap), a pris un tournant édifiant dans l'histoire de l'association. En entendant cet appel à la répression, par la justice, de toute critique contre Dieu ou la religion, on comprend que le Mrap s'apparente désormais moins à la lutte antiraciste qu'au combat intégriste. Non seulement Mouloud Aounit fait mine d'oublier que la liberté de critiquer la religion est un droit fondamental en France, mais il rejoint les revendications des réseaux intégristes catholiques, sous la houlette de Bernard Antony, l'un des piliers du Front national. Qu'en penserait le noyau de militants, souvent communistes, souvent juifs, qui ont créé le Mrap en 1949?
Ces dernières années, malgré l'opposition d'une partie de ses militants, le mouvement a tenté de persuader l'opinion qu'il fallait se battre prioritairement contre l' «islamophobie», diabolisant au passage tous ceux qui critiquent l'islam ou les musulmans et accordant à demi-mot l'indulgence à certains errements antisémites. Puis, accueillant des associations fondamentalistes musulmanes en son sein, il a pris position contre la loi sur le voile. Si le délit de blasphème était rétabli, pourrait-on encore dénoncer les excès de la charia, les fatwas?
Mouloud Aounit a précisé plus tard qu'il ne pensait pas au blasphème religieux, mais aux atteintes «à l'intégrité de la personne». Son lapsus, si cela en est un, n'est peut-être pas innocent. Il sait que le blasphème est prohibé dans beaucoup de pays européens.
19:10 Publié dans faits divers | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Mrap, Mouloud Aounit, Aounit, figaro, express


